../publications/Bicross and skate mag #84/Où courge ? Où vais-je ?
Source :
Guillaume Debuzelet, Bicross and Skate Magazine #84, décembre 1990 janvier 1991.
If you want to add any info, please contact
buissonrouge@23mag.com.
Un sport, quel qu'il soit a besoin d'une identité, une certaine personnalité qui soutient et fait évoluer la discipline en question.
Le freestyle est un sport encore très jeune, malgré ses presque vingt ans d'existence ou plutôt de survie, personne n'a pris la peine ou n'a été suffisamment passionné, accro, pour tenter de communiquer quoi que ce soit, tout en pratiquant le free. Les freestylers ont souffert do ce « manque de quelque chose ». Issu du bicross le free s'est vu attribué toutes sortes de noms, do qualificatifs, de sobriquets. Mais le « bicross acrobatique » ou le « bicross freestyle » ou même encore le « vélo artistico-acrobatique » (sick) n'existe pas !
Le freestyle a longtemps cherché et cherche encore un look, une image satisfaisante et suffisamment représentative do l'esprit free.
Au début influencé et assimilé au bicross, nombre de démos organisées durant les courses furent mal vues, mal ressenties par las racers, commencement d'une petite gué-guerre ridicule free-bicross. La raison de ce différent est évidente: échapper aux compétitions, le «style-libre» consiste à s'éclater, à inventer des figures, des tricks. L'esprit est complètement différent de celui du bicross où le seul but est de battre les autres, arriver le premier, cela peut s'apparenter à beaucoup d'autres sports mécaniques et individuels... La mentalité free semble plus indépendante, à la limite un groupe de 5 ou 6 freestylers pourrait s'entraîner ensemble sans en rencontrer d'autres.
Un des premiers mots qui a collé au free a été le « fun ». La « fun » et hop, c'est reparti ! une autre image s'est collée dans la tète et dans le dos des t-shirts des freestylers. L'image du wind, du surf s'implante dans le free. Combien de pilotes se disent intéressés par le surf ? Combien de pilotes sont fringués Offshore. Oxbow, Town& ;Country, Quicksilver, etc, etc... J'en oublie ( ?) Que vient faire le surf dans le freestyle ?
Le freestyle se cherche toujours et navigue encore dans l'underground des sports inconnus et se trouve taxé de mode. Il est vrai qu'une mode free a quand même réussit à éclore grâce on grande partie à Bicross Magazine, à Bercy 1 avec Fiola et Osborn qui ont réellement lancé le free en France mais après la vague, c'est la traversée du désert.
1887-1988 : le skate explose !
Avec la montée fulgurante du skateboard nombre de t-shirts, de caleçons sont portés non seulement par les skaters mais aussi par les freestylers, des firmes comme Vision ou Airwalk entretiennent la confusion on sponsorisant, avec les mêmes produits, des skaters et des freestylers. Chaque sport revendiquant leur part, un malaise s'installe entre free et skate. Des freestylers se voient interdire l'accès aux rampes de skate et inversement invoquant telle ou telle raison, alors que ces deux sports pourraient communiquer, s'influencer et même s'aider, le fossé est encore bien grand.
Cependant, une lueur d'espoir subsiste, et semble s'intensifier au cours des derniers mois. Alors que les principales marques de vélo s'obstinaient à ne construire uniquement du matériel et quelques pantalons et maillots aux mêmes noms, un pilote légendaire que vous devez reconnaître s'est lancé dans le design de fringues, en créant une ligne de t-shirts spécialement free » c'est Bob Haro. Quelques temps plus tard, une autre légende dessine et lance sur le marché des protège-tibias complètement adaptés, viennent ensuite plusieurs modèles, des t-shirts, des caleçons. Hammer fait grandir le free, une page est tournée grâce à RL Osborn.
L'esprit (freestylistique) du freestyler moyen a bien évolué depuis ses débuts. Les enfants modèles qui participent à des contests le week-end sont définitivement remplacés par une horde de véritable passionnés. Les touristes et les poseurs se sentent mal à l'aise et démissionnent, seuls ceux qui veulent «en bouffer » restent. Le nombre de pratiquants recensés est très faible en France, il y a toujours les mêmes personnes aux contests, mais je pense que ça n'est pas gênant, au contraire car ceux qui sont là maintenant pratiquent vraiment. Malgré l'ignorance totale du public, nous ne faisons pas du free pour être vus ou être champion de truc, nous faisons du free pour on faire, point.
La 2-Hip society s'est développée, Hammer persiste, Haro a élargit sa gamme de vêtements free. En France, Nada crée des événements et un look, Dyno soutient le mouvement GT suit, à peu prés toutes les grandes marques font des efforts de création, justement ce qui manquait, le free est en passe de tenir sur ses propres jambes, tout en restant indépendant, évolutif et créatif, si les kids y croient.